Lorsque Calixto Neto entend la musique du compositeur, chanteur et interprète gay et noir Julius Eastman (° New York, 1940-1990) lors d’une répétition en 2019, c’est le coup de foudre. Eastman a marqué de son empreinte la scène artistique du Downtown New York, la musique minimaliste américaine, mais a perdu une grande partie de ses compositions lorsqu’il fut expulsé de son appartement de Manhattan.  Son œuvre est aujourd’hui amplement redécouverte  et – enfin – reconnue à titre posthume.

Calixto Neto, dont l’œuvre s’intéresse aux vies en marge de la société et à leurs parcours singuliers, a entamé un dialogue créatif avec cette œuvre immense et politiquement puissante. La scène se transforme en havre de paix, en territoire de complicité entre des corps vivants. Ils forment une communauté marron éphémère qui rassemble des artistes queer, de couleur ou issus de l’immigration, une famille symbolique en l’honneur d’un musicien qui rêvait d’être « librement gay, noir et musicien ».

Riche de sonorités brutes, d’une énergie brûlante et de dialogues physiques, Bruits marrons tente d’écouter au-delà de l’audible, de voir au-delà du visible. Un voyage à travers les décombres laissés par l’histoire, à la recherche de nouvelles formes de communauté, de renouveau et de guérison. Une célébration de l’héritage marron et de sa capacité à rendre la résistance à nouveau envoûtante grâce à la beauté, la colère et la vibration.

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