Nous ne dansons jamais seuls. Ou, pour reprendre les mots de la philosophe française Emma Bigé : « Nous sommes mus par d’autres que nous-mêmes ». Dans une chorégraphie sensible et épurée, avec les projecteurs en guise d’orchestre vivant, Rémy Héritier et Bryan Campbell explorent l’origine des mouvements.

Ils partent de l’idée selon laquelle le corps est un relais de mouvements et de gestes qui ne nous appartiennent pas. Tout comme dans le monde réel, ils considèrent une œuvre comme une caisse de résonance pour les autres, qui circulent et se déplacent en nous et à travers nous, avec la certitude que la créativité naît de relations qui nous dépassent et se sont installées durablement dans notre corps. Ce mécanisme de relations et d’imagination s’active dès qu’un corps se met en mouvement : nous ne dansons jamais seuls.

Un monde réel est une danse sensible et joyeuse qui dépasse le cadre des deux corps présents sur scène. Rémy Héritier et Bryan Campbell rampent, roulent et sautent sur scène, oscillant entre concentration extrême et abandon total.

La chorégraphie rassemble différents mondes, à l’intérieur et à l’extérieur de nous, pour souligner la complexité et la multiplicité, la contribution de chacun à une époque qui a tendance à ne retenir que les noms des vainqueurs. Selon les principes d’un entraînement par intervalles, ils alternent des séquences de danse et de repos (1 minute d’activité / 20 secondes de repos), avec une durée de plus en plus longue. Mais peut-on se reposer sur une scène ? Où commence et où finit l’activité ? 

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